-Le
22 juin 1940, la signature en forêt de Compiègne du traité d'armistice
franco-allemand, eut pour conséquence le découpage de la France
en zones.
Mais dans cette convention signée par le général
allemand Keitel, et par le général français Huntziger, aucune
clause ne prévoyait pour l'Alsace ni pour la Moselle
un régime différent de celui des départements de la zone occupée.
En clair, le vainqueur était censé respecter la souveraineté
nationale de la France. Ce qui ne fut pas le cas: Hitler
avait bel et bien l'intention de reprendre les territoires perdus
en 1918.
-En
effet, dès le 13 mai 1940, Bürckel qui occupait par ailleurs
les fonctions de commissaire de l'Empire en Sarre-Palatinat,
fut adjoint aux autorités militaires allemandes pour diriger
l'administration civile en Moselle. Le 15 juin 1940, il proposa
à Hitler de ne pas rétablir l'unité administrative de l'Alsace-Lorraine
à savoir le "Reichsland" de 1871 mais au contraire
d'intégrer la Moselle au Reich par fusion avec d'autres régions
allemandes et ce pour en faciliter la germanisation.
Hitler accepta d'intégrer séparément l'Alsace
et la Moselle aux provinces allemandes voisines et notamment
de constituer une "Marche de l'Ouest" (Westmark)
regroupant Sarre-Palatinat et Moselle, tandis
que l'Alsace serait intégrée dans le Gau (région administrative)
Baden-Elsass, destiné à devenir le Gau Oberrhein avec le pays
de Bade.


La presse allemande messine du 1/08/1940
salue l'arrivée du gauleiter Bürckel à Metz
-Le
3 septembre 1940, la délégation du gouvernement de Vichy auprès
de la commission d'armistice ne put que protester contre "l'annexion
déguisée" de ces territoires, c'était un état de fait:
Deux chefs (Gauleiter) furent nommés:Wagner pour l'Alsace et
Bürckel pour la Moselle.
Dans ce nouveau découpage
administratif, Courcelles-Chaussy devenu très rapidement "Kurzel
an der Strasse" (germanisation oblige), faisait partie
du cercle de Metz-Campagne (Landkreis-Metz) et le lendemain
de l'arrivée des Allemands, le maire, Charles Garnier, notaire
de la localité, fut immédiatement remplacé par un autre Courcellois:
Mathias Körperich tandis que la veille, c'est à dire
le 16 juin 1940, Charles Bourrat, préfet de la Moselle,
était arrêté par les Allemands puis expulsé par eux le 16 août
1940.
Voilà, tout est désormais en place pour que l'occupant
démarre son propramme de germanisation en violant de la manière
la plus cynique le "droit des gens". A commencer par
les expulsions : Courcelles-Chaussy fit partie de la
dernière vague, celle qui se déroula du 11 au 21 novembre 1940
et qui concerna en tout 57.655 Mosellans.
-Puis
le 23 avril 1941, le gauleiter Bürckel introduisit le R.A.D.:
ReichsArbeitsDienst qui l'année suivante se traduisit par la
mobilisation pure et simple des Alsaciens et des Mosellans dans
la Wehrmacht.
Le
R.A.D. concernait
les Mosellans et Mosellanes âgés de 18 à 25 ans afin de leur
inculquer les théories nationales -socialistes et de les préparer
à la vie militaire en vue de leur incorporation ultérieure dans
l'armée.
Succesivement partirent
dès octobre 1941, pour 6 puis 3 mois, les classes 1922, 1923,
et 1924, 1920 et 1921, 1925, 1926 et 1927.Le nombre théorique
des jeunes gens obligés de passer par le R.A.D.( traduisible
aussi par "service du travail du Reich") , aurait
dû atteindre le chiffre de 28.000 en tout. Mais par suite des
exemptions, insoumissions et désertions, ce nombre baisse fortement.
Le total des filles concernées par le R.A.D. ne fut que de 5000
à cause des exemptions également.Des incidents graves avaient
parfois lieu lors ds visites médicales et des départs pour les
camps, notamment à Sarreguemines.A partir de 1942, les parents
des réfractaires furent déplacés en Allemagne et dans les pays
de l'Est.(D'après une communication de M.Hiegel à l'Académie
nationale de Metz ).R.L.du 14/01/1980.
Cette mobilisation de la
jeunesse mosellane dans le R.A.D. se fait à grand renfort
d'articles de presse et de propagande car il faut convoquer
mais aussi convaincre et rassurer: le Metzer Zeitung du 17/07/1941
convoque pour la première fois la classe 1922.


Pour rassurer les parents:"Maintenant
l'hiver peut venir!Bien bottés et chaudement vêtus, le rude
compagnon ne pourra rien contre eux."

-Il
ne faut pas confondre R.A.D.et
S.T.O.(Service
du Travail
Obligatoire),
ce dernier ne concernant que la France sous le régime de Vichy
et non l'Alsace-Lorraine annexées.L'affiche suivante réalisée
par les services de propagande allemand et vichyste justifie
l'origine du S.T.O. En effet, à partir de 1942 toute l'économie
allemande est transformée en économie de guerre, les usines
d'armement tournent 24 heures sur 24 et Hitler exige de la France
des ouvriers pour combler le manque de main d'oeuvre en Allemagne,
la majorité des jeunes gens étant partis au front.Un recensement
général des travailleurs français est alors effectué fin 1942,
suivi d'un décret de Sauckel (responsable du recrutement des
ouvriers) formulant le principe du travail obligatoire. Ce décret
n'est valable que pour la zone occupée mais Laval applique cette
réforme à la zone libre.Le 1/02/1943, une nouvelle loi stipule
que les ouvriers qui ne travaillent pas peuvent être envoyés
en Allemagne: les hommes de 16 à 60 ans, les femmes sans enfants
de 18 à 45 ans.Au total, la France a fourni à l'Allemagne 400.000
volontaires, 650.000 envoyés de force, et un million travaillant
dans des usines françaises mais pour le compte de l'Allemagne.

