Les incorporés de force courcellois (Mosellans)

(1941-1945)

 Instauration du Service National du Travail (Le R.A.D.: ReichsArbeitsDienst)

affiche de propagande: "du travail et du pain"

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Le Service National du Travail

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Du R.A.D. à la Wehrmacht

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-Le contexte historique de l'instauration du R.A.D.-

     bullet05_fire.gif-Le 22 juin 1940, la signature en forêt de Compiègne du traité d'armistice franco-allemand, eut pour conséquence le découpage de la France en zones.

    Mais dans cette convention signée par le général allemand Keitel, et par le général français Huntziger, aucune clause ne prévoyait pour l'Alsace ni pour la Moselle un régime différent de celui des départements de la zone occupée. En clair, le vainqueur était censé respecter la souveraineté nationale de la France. Ce qui ne fut pas le cas: Hitler avait bel et bien l'intention de reprendre les territoires perdus en 1918.

     bullet05_fire_1.gif-En effet, dès le 13 mai 1940, Bürckel qui occupait par ailleurs les fonctions de commissaire de l'Empire en Sarre-Palatinat, fut adjoint aux autorités militaires allemandes pour diriger l'administration civile en Moselle. Le 15 juin 1940, il proposa à Hitler de ne pas rétablir l'unité administrative de l'Alsace-Lorraine à savoir le "Reichsland" de 1871 mais au contraire d'intégrer la Moselle au Reich par fusion avec d'autres régions allemandes et ce pour en faciliter la germanisation.

    Hitler accepta d'intégrer séparément l'Alsace et la Moselle aux provinces allemandes voisines et notamment de constituer une "Marche de l'Ouest" (Westmark) regroupant Sarre-Palatinat et Moselle, tandis que l'Alsace serait intégrée dans le Gau (région administrative) Baden-Elsass, destiné à devenir le Gau Oberrhein avec le pays de Bade.

    Les drapeaux allemands flottent à la porte des...

    La presse allemande messine du 1/08/1940 salue l'arrivée du gauleiter Bürckel à Metz

     bullet05_fire_3.gif-Le 3 septembre 1940, la délégation du gouvernement de Vichy auprès de la commission d'armistice ne put que protester contre "l'annexion déguisée" de ces territoires, c'était un état de fait: Deux chefs (Gauleiter) furent nommés:Wagner pour l'Alsace et Bürckel pour la Moselle.
     Dans ce nouveau découpage administratif, Courcelles-Chaussy devenu très rapidement "Kurzel an der Strasse" (germanisation oblige), faisait partie du cercle de Metz-Campagne (Landkreis-Metz) et le lendemain de l'arrivée des Allemands, le maire, Charles Garnier, notaire de la localité, fut immédiatement remplacé par un autre Courcellois: Mathias Körperich tandis que la veille, c'est à dire le 16 juin 1940, Charles Bourrat, préfet de la Moselle, était arrêté par les Allemands puis expulsé par eux le 16 août 1940.
    Voilà, tout est désormais en place pour que l'occupant démarre son propramme de germanisation en violant de la manière la plus cynique le "droit des gens". A commencer par les expulsions : Courcelles-Chaussy fit partie de la dernière vague, celle qui se déroula du 11 au 21 novembre 1940 et qui concerna en tout 57.655 Mosellans.

     bullet05_fire_4.gif-Puis le 23 avril 1941, le gauleiter Bürckel introduisit le R.A.D.: ReichsArbeitsDienst qui l'année suivante se traduisit par la mobilisation pure et simple des Alsaciens et des Mosellans dans la Wehrmacht.
    Le R.A.D. concernait les Mosellans et Mosellanes âgés de 18 à 25 ans afin de leur inculquer les théories nationales -socialistes et de les préparer à la vie militaire en vue de leur incorporation ultérieure dans l'armée.
    Succesivement partirent dès octobre 1941, pour 6 puis 3 mois, les classes 1922, 1923, et 1924, 1920 et 1921, 1925, 1926 et 1927.Le nombre théorique des jeunes gens obligés de passer par le R.A.D.( traduisible aussi par "service du travail du Reich") , aurait dû atteindre le chiffre de 28.000 en tout. Mais par suite des exemptions, insoumissions et désertions, ce nombre baisse fortement. Le total des filles concernées par le R.A.D. ne fut que de 5000 à cause des exemptions également.Des incidents graves avaient parfois lieu lors ds visites médicales et des départs pour les camps, notamment à Sarreguemines.A partir de 1942, les parents des réfractaires furent déplacés en Allemagne et dans les pays de l'Est.(D'après une communication de M.Hiegel à l'Académie nationale de Metz ).R.L.du 14/01/1980.

    Cette mobilisation de la jeunesse mosellane dans le R.A.D. se fait à grand renfort d'articles de presse et de propagande car il faut convoquer mais aussi convaincre et rassurer: le Metzer Zeitung du 17/07/1941 convoque pour la première fois la classe 1922.

    Convocation par voie de presse de la classe 1922 au R.A.D.

    Un journaliste va suivre pendant une semaine, depuis leur départ de Metz,  les jeunes recrues.

    Pour rassurer les parents:"Maintenant l'hiver peut venir!Bien bottés et chaudement vêtus, le rude compagnon ne pourra rien contre eux."

    bullet05_fire.gif-Il ne faut pas confondre R.A.D.et S.T.O.(Service du Travail Obligatoire), ce dernier ne concernant que la France sous le régime de Vichy et non l'Alsace-Lorraine annexées.L'affiche suivante réalisée par les services de propagande allemand et vichyste justifie l'origine du S.T.O. En effet, à partir de 1942 toute l'économie allemande est transformée en économie de guerre, les usines d'armement tournent 24 heures sur 24 et Hitler exige de la France des ouvriers pour combler le manque de main d'oeuvre en Allemagne, la majorité des jeunes gens étant partis au front.Un recensement général des travailleurs français est alors effectué fin 1942, suivi d'un décret de Sauckel (responsable du recrutement des ouvriers) formulant le principe du travail obligatoire. Ce décret n'est valable que pour la zone occupée mais Laval applique cette réforme à la zone libre.Le 1/02/1943, une nouvelle loi stipule que les ouvriers qui ne travaillent pas peuvent être envoyés en Allemagne: les hommes de 16 à 60 ans, les femmes sans enfants de 18 à 45 ans.Au total, la France a fourni à l'Allemagne 400.000 volontaires, 650.000 envoyés de force, et un million travaillant dans des usines françaises mais pour le compte de l'Allemagne.

    Affiche de propagande justifiant le S.T.O.

     

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